Chin Mudra la marca 100% francesa al servicio del Yoga
La tienda especializada en yoga, confía en Chin Mudra
Nos catégories Yoga

Yama : Aparigraha, la cinquième observance

Mieux comprendre Aparigraha

Prendre le temps, observer, penser et méditer sur le Yama est un chemin long, impérieux et sinueux. Toute leur vie le yogi et le Sadhû y reviendront parce que dans ces cinq observances, Patanjali nous dévoile un horizon où l'esprit s'affranchit de l'ego et des injonctions pour faire corps avec ses actions et sa relation au monde. Après vous avoir présenté Ahimsa, la non-violence, Sayta, la vérité, Asteya, ne pas voler, Brahmacharya, la modération, c'est au tour de la cinquième et dernière observance qui, elle aussi, ouvre un vaste champ de réflexion. Comme pour chaque article sur le yama et plus généralement sur la philosophie du yoga, nous allons vous préciser que c'est notre lecture et qu'il appartient à chacun de trouver sa voie au travers ces observances afin d'établir sa relation à soi, au monde et les actions qui en découlent.
Aparigraha est donc le dernier pilier du yama, mais il est aussi important que les quatre autres. On le retrouve dans le Yoga Sūtra de Patañjali, mais également dans le jaïnisme : c'est l'un des cinq grands vœux.

Le sens d'Aparigraha en sanskrit

Aparigrha : le sens

Ce terme sankrit ne déroge pas à la règle de cette langue qui remonte à plus de 8 000 ans : les mots peuvent avoir plusieurs sens, plusieurs traductions et définir un concept, parfois plusieurs dont la retranscription dans notre langue peut prendre des volumes entiers. Aparigrha se traduit, mais il doit surtout être compris en le laissant résonner avec votre vie, votre chemin et votre pratique. C'est d'autant plus important qu'Aparigrha est sans doute à contre-temps dans notre existence occidentale.

  • Parigrha signifie en sankrit : propriété bien
  • le a est un privatif. 

On peut le traduire par le renoncement au bien, au matériel. C'est également le vœu de dénuement chez les sages, les religieux hindous. C'est une première lecture pour le moins abrupte quand on découvre le yoga holistique en passant par les asanas. Il est également interprété comme :

  • le  désintéressement 
  • le dépouillement
  • l’absence d'attachement
  • l’absence de possession
  • le vœux de dénuement

Bien plus qu'un vœu de pauvreté, qu'une invitation au dénuement matériel, Aparigrha nous appelle à réfléchir et composer avec ce qui nous retient et ce qui nous tient : les objets, les sentiments, l'égo et nos addictions.

Aparigrha  : la voie de la pauvreté

Aparigrha : le vœu de pauvreté

N'oublions jamais que l'équilibre en toute chose est un fondement de la pensée philosophique du yoga. Si cette pensée peut nous paraître déconcertante, surtout en ce 21e siècle où la radicalité semble cristalliser nos horizons, elle doit toujours rester un credo que cela soit dans la pratique du yoga postural ou dans votre cheminement dans le monde du yoga holistique. Le vœu de pauvreté est réservé à ceux qui veulent consacrer leurs vies à la religion ou à la spiritualité. Ce vœu de pauvreté pour un occidental lambda peut se traduire dans une recherche d'une plus grande sobriété ou dans le choix d'une consommation responsable et durable. Et si le vœu de pauvreté est un renoncement à la richesse matérielle, c'est aussi un renoncement à la dépendance émotionnelle et au diktat de l'ego. En Inde, les Sadhû qui ont fait vœu de pauvreté vivent de la charité et de la générosité des locaux. Aparigrha est un chemin du dénuement total pour ces sages qui peuvent pousser le détachement jusqu'au vœu de silence. N'oublions pas que Sadhû signifie saint en sanskrit et que le yoga holistique n'est pas réservé à une caste, mais concerne tout un chacun. Ainsi, Aparigrha peut être vécu d'une façon moins radicale, mais tout aussi intense dans notre quotidien.

Aparigraha : le détachement

Aparigrha : le détachement 

Notre société fonctionne sur notre désir de posséder : ce désir est insatiable et permanent. On pense évidemment à la société de consommation, mais il faut voir plus loin : le "je veux" qui vient de notre ego est aussi une boussole qui nous guide vers l'accumulation.
On peut dire que ce désir devient un obstacle sur le chemin de l'éveil, car il monopolise votre énergie, capte votre concentration et détourne votre esprit de ce qui est essentiel à votre accomplissement. Il ne faut pas résumer le désir de possession et le besoin de vouloir toujours plus au matérialisme. L'être humain est en proie à de nombreuses dépendances et autres addictions. Les réseaux sociaux exploitent à merveille le besoin de reconnaissance et cette dépendance au regard des autres. Aparigrha va au-delà du dénuement en prônant le détachement et nous invite à nous libérer de tout ce qui peut opprimer notre Moi universel.

Aparigraha : le désintéressement

Aparigrha : le désintéressement 

Vous pouvez posséder une voiture, une maison et tout le reste, mais en pratiquant Aparigrha, vous allez apprendre à vous en détacher sans y renoncer. Le détachement émotionnel n'est pas un renoncement à l'empathie ou à l'amour, c'est une émancipation de ces sentiments pour atteindre une action sans en attendre les intérêts. Aparigrha se traduit aussi par "le désintéressement".

Dans le Bhagavad Gita où est contée la vie de Krishana, avatar de Vishnou, membre de l'Arjuna, on peut lire ces mots :
  « Que votre préoccupation soit avec l’action seule, et jamais avec le fruit de l’action. Ne laissez pas les résultats de l’action être votre motif et ne soyez pas attaché à l’inaction ».

Par exemple, la charité doit se faire sans attendre de la reconnaissance de la personne ou même de la société. La voie de Bhakti Yoga est celle de l'amour absolu : aimer infiniment et absolument sans aucune attente, c'est-à-dire se détacher de l'objet de son amour. Aparigrha, tout comme les autres observances du Yama, se retrouvent dans la plupart des enseignements du yoga sans même qu'ils soient convoqués.

Vous vous demandez peut-être si Aparigrha peut s'inviter dans votre pratique du yoga postural ? Je ne me juge pas, je ne juge pas les autres, je ne suis pas en compétition, etc. C'est le détachement pour une pratique libérée des injonctions de votre ego. Sans en avoir conscience, en suivant ces principes, vous pratiquez dans votre pratique la cinquiéme observance du yama, Aparigrha.