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Vasanta, Kamadeva et le réveil de Shiva

Désir, transformation et renaissance

Le printemps chez Chin Mudra déploie ses pétales : alimentation ayurvédique, pranayama, détox des sens. Nous pourrions écrire toute l'année sur le printemps pour évoquer sa symbolique, sa spiritualité, ses énergies tant cette période de l'année est porteuse de sens pour la pratique et la compréhension du yoga postural. Ce n'est qu'une petite lucarne pour comprendre cette saison dans la pluralité du yoga holistique. Dans la culture hindoue, la spiritualité, la légende et l'art font grand cas du printemps. Aujourd'hui, nous allons vous présenter Vasanta, personnification poétique du printemps, puis nous ferons un lien, peut-être audacieux, avec Kamadeva. Entre les légendes, la poésie et les cérémonies traditionnelles comme Chaitra Navaratri, le printemps est empreint de magie, de spiritualité et de joie dans tout le sous-continent indien. Rappelons que dans l’hindouisme, les interprétations des légendes et des symboles varient selon les écoles, les traditions et les indianistes. Le printemps n'échappe pas à la richesse de ces interprétations.

Vasanta : le printemps des poètes hindous

Vasanta : le printemps des poètes hindous

Vasanta n'est pas une divinité dont l'histoire s'écrit dans les textes sacrés, mais il prend forme sous la plume des poètes et des écrivains indiens. Le printemps est renouveau, il est inspiration et nourrit la créativité des artistes d'où qu'ils viennent et quelle que soit leur époque. En Inde, le printemps, Vasanta en sanskrit, est décrit dans la littérature classique indienne comme une incarnation de la beauté, de la floraison et du renouveau. Il n'est pas considéré comme un dieu, mais selon la licence poétique, c'est un être doué de sentiments, capable d'action et d’influencer le monde. Dans le Ritusamhara, Vasanta est présenté comme un jeune homme qui traverse les jardins, faisant éclore les fleurs, embaumant l’air de leurs fragrances et inspirant le chant des oiseaux.

Vasanta : le printemps des poètes

Ce poème antique est l’œuvre de Kalidasa, considéré en Inde comme le précepteur de tous les poètes, le Kavikula-guru. Cette présence dans la poésie n'est pas seulement l'illustration de la contemplation de la nature. Dans le Vairagya‑shataka de Bhartrihari, c'est une allégorie de l'amour et des passions. Le yoga est un lien et l'immense poète Kabir, XIVe siècle, en est une démonstration si éclatante, lui qui est à la fois adorateur de Vishnu et musulman soufi. Il fait du printemps le moment du souffle intérieur et de l'éveil spirituel. Dans le calendrier du yoga, ce bourgeonnement n’est pas une simple métaphore pour une nouvelle routine, mais un mouvement majeur insufflant des énergies transformatrices, des inspirations poétiques et spirituelles. Ainsi, Vasanta serait le souffle à l'origine du renouveau tandis que Kamadeva incarnerait le désir de vie et de changement.

La légende de Kamadeva et le réveil de Shiva

La légende de Kamadeva et le réveil de Shiva

Kamadeva est le dieu du désir et ses attributs vont vous rappeler notre petit ange dodu ou plus classique, l’Éros du panthéon grec. En effet, c'est de son arc qu'il décoche les flèches amoureuses qui percent les cœurs et distribuent l'amour dans l’humanité. Plus que l'amour des poètes, il est considéré comme l'incarnation du désir, l’étincelle qui permet à l'humanité de se perpétuer. Il est relié au printemps, mais d'une façon subtile dans la mythologie hindoue. Appelé aussi Kama, il est reconnu pour sa beauté que l'on dit irrésistible. Tantôt présenté comme né de lui-même, parfois comme le fils de la déesse de la dévotion, Shraddha, et de Dharma, on le retrouve dans cette légende comme une création des dieux dont l'objet serait d'attirer Shiva loin de sa vie d’ascète et de ses méditations si longues que les hommes les comptaient en siècles. 

Printemps : Vasanta et Kamadeva au réveil de Shiva

Pour tenter Shiva, Kamadeva vint accompagné de Vasanta. C'est l'alliance entre la renaissance et le désir, seul force capable d'éveiller l'envie de changements chez Shiva. Tandis que la flèche d'amour de Kama frappa sa cible et éveilla Shiva, ce dernier ouvrit son troisième œil et réduisit l'archer en cendres. Les dieux ont ainsi réussi à réveillé Shiva rendant le monde à la vie. Il épousa Parvati et c'est elle qui le pria de redonner vie à Kama. Kamadeva et le printemps ne sont pas liés, mais l’allégorie reste intéressante : Pourquoi Kamadeva se rend auprès de Shiva accompagné du printemps ? Si la licence poétique autorise tout, on retrouve cette légende dans les textes sacrés comme les Puranas. La présence du printemps en tant que saison personnifiée n'est pas toujours précisée. Pourtant l'idée d'un monde figé durant la méditation de Shiva est bien-là. C'est la beauté, l'amour et le désir qui vont redonner 'l'envie de vivre" à Shiva et ainsi entraîner avec lui le monde. 

Le printemps chez les Hindous n'est pas seulement une renaissance qu'ils fêtent, mais c'est aussi le désir de vie qu'il soit amoureux ou charnel. La nature au printemps renaît parce qu'elle a ce désir-là en elle après avoir été figée durant l'hiver. Les fêtes du printemps en Inde, comme Holi, sont nombreuses et spectaculaires : c'est un peuple qui s’éveille et qui fête le retour de la vie, de toutes les vies.