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Le Gange : A la source du mythe

La naissance du gange dans la mythologie hindoue

Le Gange est devenu un mythe en dépassant les frontières de l'Inde et en s'inscrivant dans le patrimoine culturel mondial. Tout le monde connaît le Gange. Il est sorti de l'Inde, là où il court, pour devenir un fleuve qui fait son lit dans l'imaginaire de l'Humanité. Le Gange est un lieu tellement rêvé, idéalisé et fantasmé qu'il peut réveiller chez celui qui le croise le syndrome de Stendhal. Tout le monde sait qu'il est plus ou moins sacré et que c'est un lieu de pèlerinage, mais l'histoire mystique et mythologique de ce fleuve est bien moins connue. La complexité de la mythologie hindoue, c'est qu'elle est multiple. Chez les Chrétiens, la Bible reste la base et les différents courants sont des branches qui partent du même arbre. Chez les Hindous, en schématisant beaucoup, il y a différentes branches qui font un arbre commun, une religion commune. Quand les autres religions se divisent, l'Hindouisme se retrouve.

Le Gange est sacré pour les Indiens, mais en suivant sa source, on constate que ce fleuve est vénéré partout où il fait son lit. De l’Himalaya où il prend sa source au Golfe du Bengale où il se jette dans la mer, le fleuve est considéré comme une cathédrale à ciel ouvert. En Inde, il existe sept fleuves sacrés et le Gange est le plus saint d'entre eux. Savez-vous pourquoi ?

 

Ek baar kee baat hai ( il était une fois) ...

Une nuit Shiva jouait de la musique. Vishnou passant par là fut tellement saisi par la beauté de la mélodie que ses pieds fondirent. Brahma décida d'utiliser la sueur des pieds de Vishnou pour créer le Gange et sa Déesse . Le Gange à l'origine ne coulait pas sur terre, mais uniquement dans le monde des Dieux. Vishnou étant membre de la trinité hindoue. Gangâ est donc doublement bénie. La déesse Gangâ ne vient pas du ruisseau. Elle est enfantée par les dieux et elle est confiée au Roi de l'Himalaya, Himavant, et à sa femme, l'Apsara Menaka. Quittons le monde des dieux pour rejoindre le monde des hommes où une chose extraordinaire va se produire.
Sagar, roi d'Ayodhya, se retrouve père de 60 000 fils grâce à un puissant sortilège. Pour remercier les Dieux, Sagar tient à pratiquer cent fois le sacrifice du cheval, l'Ashvamedha. Le Dieu Indra, qui brûle de jalousie devant ces sacrifices qui ne lui sont pas destinés, subtilise le centième cheval et le cache dans l'ashram du sage Kapila Muni*. Indra sait que Kapila peut se révéler d'une puissance extraordinaire lorsqu'on lui manque de respect. Sagar est courroucé. Il envoie ses 60 000 fils chercher son cheval. Quand ils le trouvent chez Kapila Muti, celui-ci est surpris, mais quand il est accusé d'être un voleur par 60 000 vauriens, il sort d'une méditation de plusieurs décennies. Il ouvre ses yeux et les 60 000 fils de Sagar sont réduits instantanément en cendres. Sans rites funéraires, les 60 000 âmes sont condamnées à errer comme des damnés sur terre. Le monde entier est couvert des cendres des imprudents.

Un descendant de Sagar, Bhagîratha, met un point d'honneur à laver l'honneur de ses ancêtres en permettant à leurs âmes de se sauver. Il eut l'idée de faire descendre la déesse Gangâ sur la terre pour qu'elle balaye les cendres des 60 000 fils avec ses eaux purifiantes. Les âmes seront lavées, les cendres iront au ciel et les damnés seront bénis. Le sage Bhagîratha demande donc l'autorisation à Brahma d'envoyer Gangâ sur la terre. Le Dieu trouva l'idée suffisamment bonne pour envoyer la déesse faire le ménage et libérer les 60 000 fils de Sagar. La déesse n'est pas très contente d'être considérée comme la bonniche de service. Alors, ivre de colère, elle balaye les cendres et la terre entière de ses flots pour signifier son courroux. Elle utilisa l'eau du Gange qui noya la terre passant du monde des divins à celui de l'Humanité.

Sous les flots de Gangâ, le monde est enseveli, la vie impossible sous le déluge. Bhagiratha fut bien embêté. Heureusement, il avait le bras long et il alla se plaindre à Shiva. Shiva obtempéra et brisa le flot de Gangâ. La déesse résista, mais en cédant, elle chuta dans la chevelure de Shiva qui l'emprisonna le temps que la colère de la déesse s'estompe. Le calme revenu sur terre. Gangâ retrouva ses esprits et fut libérée par le magnanime dieu Shiva. Et comme tout se finit bien Gangâ devint l'épouse de Shiva.

Le Gange avait ainsi une histoire à sa hauteur et le pouvoir de purification de la déesse est naturellement attribué à ses eaux sacrées. Dans un article prochain, nous verrons l'importance de ce fleuve pour les Hindous, les Tibétains, mais aussi les Indiens. On retrouvera encore cette absence de frontière entre le profane et le sacré avec un fleuve qui est autant pollué par les hommes qu'il leur est précieux pour sauver leurs âmes.

 

Kapila Muni *.

Dans la mythologie et la religion hindoue, il y a huit  personnages mythiques portant ce nom dans les épopées et les Puranas.

C'est dans le poème épique de  Bhagavad Gita qu'il est évoqué pour la première fois :

« « De tous les arbres Je suis l'arbre de banian, et des sages parmi les demi-dieux Je suis Narada. Des Gandharvas Je suis Citraratha, et parmi les êtres parfaits, je suis le sage Kapila. »